Le vote du Plan Local D'urbanisme

 

 

Le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de La Grande Motte et ses conséquences pour l’avenir

 

Lors de la dernière séance du conseil municipal, le jeudi 23 mars 2017, les élus de la majorité ont approuvé sans réserve le nouveau Plan Local d’Urbanisme dans le cadre de la révision du Plan d’Occupation des Sols lancée en 2007. Ce document majeur engage la ville et ses habitants en matière d’urbanisme pour les 20 ans à venir, c’est une véritable feuille de route pour les futures constructions d’immeubles collectifs et d’habitations individuelles.

L’enquête publique, dernière étape de ce long travail, a été menée à une période où de nombreux propriétaires étaient absents du fait des résidences secondaires et n’a touché en fait qu’une partie des résidents permanents, ce que nous déplorons. 265 observations émettant des réserves sur ce PLU ont été formulées, et seulement 52 avis favorables sans réserve représentant 20 % des observations exprimées. On remarque donc ici, dans l’expression de la population une grande forme de prudence et d’interrogation sur la cohérence de ce projet.

Ce PLU ne parait vraiment pas sincère. En effet le projet ville/port et ses 500 logements a été volontairement soustrait suite aux nombreuses oppositions des grand-mottois, mais fera, malgré tout, l’objet d’une nouvelle procédure car il reste dans les projets de la mairie. Même s’il est qualifié de « simple ambition » dans le rapport du commissaire enquêteur. Il a déjà beaucoup coûté en études variées, en réunions avec les grand-mottois, en consultations diverses… Et coûtera encore beaucoup plus, puisqu’à terme il faudra tout reprendre à zéro à moins que la municipalité se voit dans l’obligation d’appliquer la loi (NOTRe) Nouvelle Organisation Territoriale de la République qui oblige le transfert de la gestion des ports aux intercommunalités.

De plus, le maire s’est engagé au travers du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) à construire dans les 20 ans à venir 1400 logements. Le PLU approuvé en conseil, concerne la construction de 530 logements, si on y ajoute les 500 logements autour du port, il restera encore 370 logements à construire pour respecter les engagements pris dans le cadre du SCOT. Il faudra donc, retrouver encore de l’espace constructible dans des bouts de parkings, des bouts de terrains, ce qui nous paraît complètement irréfléchi devant la disponibilité des réserves foncières quasi-inexistantes de notre ville. Mais on peut se poser la question de la justification d’une telle ambition. A priori la majorité des grand-mottois ne réclame rien en matière d’augmentation de nouvelles constructions de logements. Mais on n’a pas la réponse.

Malgré ce constat et les réserves notifiées lors de l’enquête publique en ce 23 mars 2017 les élus de la majorité ont validé :

  • La reconstruction de l’hôtel Azur à 8 m au lieu de 12 m, ce qui est un minimum acceptable. La Direction Régionale des Affaires Culturelles, faisant valoir que : « la fermeture du panorama du port serait inopportun, et contraire à la composition d’origine de Jean Balladur » heureusement que les services de l’état sont là pour freiner la ville dans sa volonté de construction à tout va, nous souhaitons vivement que ces remarques soient appliquées à l’ensemble du projet ville/port.
  • La possibilité de construire 3 immeubles sur le camping « Le Garden » ce qui dénature l’environnement dédié aux campeurs dans cette zone,  comme l’avait défini J.Balladur.
  •  A la place de la poste un bâtiment de 39 logements avec en principe maintien de la poste en rez-de-chaussée.
  • La possibilité d’édifier un immeuble de 9 étages face à l’immeuble Les Incas, derrière le centre culturel, le maire argumentant que ce lieu ne connaît plus d’activité culturelle depuis plusieurs années et tend à devenir une friche partielle. Mais à qui la faute ! si ce n’est cette municipalité qui a laissé cet espace remarquable d’animation et de culture, sans activité et sans entretien, se dégrader au fil des ans. Cette construction contribuera à densifier l’urbanisation du centre-ville où les immeubles sont déjà au coude à coude et va créer une véritable nuisance à l’immeuble voisin, ainsi que la dépréciation financière des appartements en vis-à-vis.
  • De plus le projet immobilier sur le parking du grand bleu nous révèle qu’une partie des courts de tennis et le club house seraient également impactés par de nouvelles constructions, ce qui va sans nul doute, dénaturer la qualité environnementale de ce site dédié aux sports et aux loisirs.
  • La construction de nouveaux logements à la place de la gendarmerie n’occasionnerait à priori pas de nuisances directes, on peut donc raisonnablement être favorable à ce projet. Par contre ce qui pose problème c’est le déplacement de la gendarmerie dans les locaux de Haute Plage. Comment être réactifs et mener des interventions d’urgences alors que pour sortir du quartier il faut traverser une zone à 30 km/heure, comment faire pour ne pas mettre en danger les usagers. D’autre part, le commissaire enquêteur souligne : « sont interdits tout projet de construction d’établissement à caractère stratégique tels que caserne de pompiers, gendarmerie, dans cette zone identifiée comme inondable par le PPRI ».
  • Validée également par le groupe majoritaire, la construction d’un immeuble de 2 étages, sur le parking en face de la cave de Haute Plage, qualifié de « petite surface » par la municipalité. Ce projet suscite de nombreuses réserves et fait l’objet d’une pétition signée par plus de 500 personnes. C’est une nuisance pour les villas avoisinantes, mais aussi pour tout ce quartier calme et résidentiel.  La circulation va fatalement augmenter, car, à moins d’interdire l’usage de la voiture aux 64 nouveaux logements prévus dans ce secteur, on ne voit pas comment pourra être réglé ce problème, aggravé par les interventions de la gendarmerie. Quant au parking crée à la place du petit bois de pins dans ce secteur, la municipalité a vite fait de répondre que les arbres sont malades et qu’il faut les abattre, voilà une maladie qui arrive à point nommé et qui arrange bien les projets. Vraiment quel avenir peu réjouissant pour ce quartier !
  • La construction d’un immeuble au grand travers est rejetée par l’ensemble des propriétaires riverains de cette zone. Il semblerait qu’ils aient fait une contre-proposition et auraient validé la construction d’un immeuble d’un seul étage, mais la mairie n’a pas retenu cette proposition.
  • La construction d’un parking silo face au Pasino est validée, véritable verrue en entrée de ville. De plus ce PLU ne prend malheureusement pas en compte le problème du développement des pistes cyclables, ce qui devrait faire partie des priorités d’une « ville parc » qui se dit soucieuse de son environnement et des déplacements doux. Et pas une ligne non plus,  sur les nouveaux équipements fatalement  nécessaires à une augmentation de la population. Le maire veut rajeunir La Grande Motte, très bien ! Alors il va falloir  prévoir une nouvelle crèche, une nouvelle école mais sur quels terrains ?

 

Reste un point particulier que notre association a soulevé et qui concerne le secteur UD (globalement le secteur des villas) Dans le texte tel que nous avons pu le lire avec le commissaire enquêteur, il est stipulé que l’implantation d’une construction devra se faire à 3 m des limites du terrain, ce qui implique l’interdiction de construire en mitoyenneté. Avec de telles dispositions 90 % des villas de La Grande Motte n’auraient pu être construites, or on remarque à l’heure actuelle que des maisons se vendent pour être démolies et reconstruites. Avec la nouvelle réglementation, la maison qui était mitoyenne à l’origine, ne pourra être reconstruite en limites séparatives. Le commissaire enquêteur préconise d’ailleurs, d’autoriser une dérogation d’implantation dans le cas où la construction viendrait s’appuyer sur la construction voisine elle-même en limite séparative et de revenir à la réglementation de l’ancien POS (Plan d’Occupation des Sols).  Le maire n’a pas tenu compte des préconisations du commissaire enquêteur, ce qui est très dommageable. On ne  peut que déplorer ces nouvelles dispositions, qui  sont très restrictives et sans aucun fondement.

En conclusion, l’Association Agir pour l’Avenir que je représente au Conseil Municipal après une profonde analyse de ce projet m’a mandaté pour voter contre l’approbation de ce PLU. La raison principale étant le fait que la municipalité n’a pas tenu compte de l’avis majoritairement désavoué de la population, ni des différentes recommandations du commissaire enquêteur. Ce PLU n’apporte que des solutions inadaptées à court terme et engendre de  nombreux problèmes. Les enjeux des décennies à venir ne seront pas de trouver quelques bouts de terrains pour construire encore et encore, mais il va nous falloir protéger l’existant contre la montée des eaux, la fragilisation du littoral, l’effacement du trait de côte et les phénomènes météorologiques de plus en plus violents liés au réchauffement climatique. Cette approbation du PLU par le groupe majoritaire au conseil municipal fera manifestement, du fait qu’il soit opposable aux tiers, l’objet de nombreux recours.

 

Sylvie BERGER

 



Ajouté le 07/04/2017 par le lien - 0 réaction

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