Le projet Ville/Port de La Grande Motte

Projet Ville/Port : mauvais rêve où réalité ?

 

Le mercredi 25 octobre 2017, le jury de concours se réunissait pour choisir les 4 cabinets d’architectes qui présenteront leurs projets d’aménagement en mars 2018, un seul sera sélectionné pour assurer l’extension du port, la requalification des espaces publics et la reconstruction de la zone technique nautique.

Tous les membres de la commission d’appel d’offre dont je fais partie, sont membres de droit du jury de concours, c’est pourquoi J’étais convoquée pour prendre part à cette réunion. En préambule je rappelais la position de notre équipe de l’Association Agir Pour l’Avenir, afin d’expliquer mon abstention lors du vote. Nous sommes contre ce projet pour les raisons évoquées ci-après, il ne m’était donc pas possible de voter pour ou contre l’un des 26 candidats.

 

 Le projet ville/port est critiquable à bien des égards :

  • Le déplacement et l’agrandissement de la zone technique, qui est en réalité une zone industrielle du fait que des bateaux y sont construits, pose problème. Cette zone va se rapprocher d’habitations avec des risques de rejets polluants, et la construction de hangars, avec pour certains plus de 10 mètres de hauteur, va considérablement défigurer le port. De plus la construction de la station de pompage de la thalasso-thermie sur le parking Justin, d’une surface prévue entre 250 à 450 m2 et d’une hauteur non définie, sera, elle aussi une verrue à l’horizon.
  •  Lors de l’élaboration du PLU (Plan Local d’Urbanisme), la direction des affaires culturelles avait rappelé : « la fermeture du panorama du port serait inopportun et contraire à la composition d’origine de Jean BALLADUR » à méditer par nos élus qui se réfèrent souvent à sa pensée, mais qui, concrètement la malmènent et ne la respectent pas.
  • A la place de la zone technique déplacée, est prévue la construction de 500 logements, dont 30 % de logements sociaux, induisant automatiquement une modification du prix au m2 ouvrant la porte de la spéculation immobilière. A moins que la ville ne brade ses terrains, le prix au m2 risque de flamber dans ce secteur résidentiel. Le maire s’appuie sur le rajeunissement de la population pour « vendre » son projet, mais ce ne sont pas des jeunes ménages qui pourront acquérir ces appartements d’un coût élevé.

Quant au budget, d’un montant annoncé de 42,8 millions d’euros HT, il n’est pas bouclé. Il manquerait au moins 12 millions d’euros.  L’état participerait pour 100 000 euros seulement, ce qui montre le peu d’intérêt soulevé par ce projet. La région, malgré ses divers et successifs effets d’annonce, depuis de nombreuses années par le biais de ses différents présidents, ne s’est toujours pas clairement engagée.  

Mais en fait, qui peut réellement penser que cette enveloppe budgétaire correspondra « in fine » au coût réel de l’opération. Il est certain que ce budget sera largement dépassé. Ce chantier d’envergure devra engager des moyens colossaux pour s’adapter aux aléas thermiques et géologiques propres au milieu maritime, attendons-nous à voir fleurir des avenants en plus-values tant en phase d’étude qu’en cours d’exécution. Se posera alors le financement de ces débordements budgétaires. Il est évident que les grand-mottois devront encore payer pour un projet qu’ils n’ont pas validé.

 Le PLU devra être révisé, car le maire n’avait pas inclus ce projet reculant devant l’hostilité des grand-mottois.  Reste un problème majeur, l’état n’a toujours pas transféré la propriété des terrains de la zone portuaire à la ville, pas de transfert pas de projet, et pourtant les « chères » études se poursuivent.

Lors de cette réunion d’analyse, les 26 dossiers ont été balayés au pas de courses en 3 H 30, en fait l’analyse technique avait été réalisée en amont par l’Or Aménagement (Société d’Aménagement dont la communauté d’         agglomération est actionnaire majoritaire), il aurait été difficile de faire cette analyse lors de cette réunion, tant les critères sont complexes et les dossiers nombreux, sans compter que certains membres n’avaient aucune compétence technique en la matière. Heureusement des techniciens, des architectes étaient présents, et ont pu donner des conseils avisés pour le choix des candidats.

La réalité, c’est le nombre incalculable d’études effectuées dans le cadre de ce projet, pour un montant tout aussi incalculable dont personne n’a fait le bilan, mais que les grand-mottois paient et continueront à payer tout en étant pour beaucoup  contre ce projet.

Comme le rappelait Jean Balladur : « le port et son environnement dans son contexte architectural est une œuvre finie ». Tout réaménagement majeur serait donc une atteinte à sa mémoire et à sa création.



Ajouté le 15/11/2017 par Le Lien - 0 réaction

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